I / 50 cent

I / 50 cent
Des pavés à la gloire, tel est le chemin atypique suivi par le rappeur américain 50 Cent. Issu des quartiers misérables de New York, le protégé d'Eminem est aujourd'hui un artiste autant reconnu et admiré par le public, que craint et haï par le milieu.

Toujours entouré de nombreux gardes du corps qui le protègent des règlements de compte, le jeune homme n'en est pas moins un artiste public très sollicité par la jeunesse américaine puis européenne. Dans la lignée d'un Tupac Shakur (assassiné par balles en septembre 1996), d'un Puff Daddy ou autre Eminem, 50 Cent fait irrémédiablement partie intégrante du monde rap actuel.

Le Queens

Né en 1976 à New York, dans le quartier pauvre du Queens, le jeune Curtis Jackson part dans la vie avec de sérieux handicaps. Handicaps sociaux, familiaux et culturels qui déterminent d'emblée l'ensemble de sa vie. Impossible de sortir de la misère quand on est né noir, pauvre, et dans une famille décimée par la drogue et la violence.

Sa mère, Sabrina, dealer et héroïnomane, est abattue dans des circonstances troublantes. Le jeune Curtis n'a pas dix ans. Alors qu'il n'a jamais connu son père, il se retrouve orphelin et est pris en charge par ses grands-parents. Mais rien ne peut l'éloigner de la rue et de sa cruauté.

La drogue, il l'a toujours connue, et à douze ans, il deale déjà dans les rues de New York, fréquentant les gangsters les plus endurcis et séjournant régulièrement en prison. Il trouve parallèlement réconfort en la musique, le rap devenant dans la rue non seulement un moyen de communication, mais aussi une arme de défense. La joute oratoire fait partie du gang, et qui ne sait pas rapper n'est pas un véritable "bad boy". L'expérience Eminem, racontée dans son film 8 Mile, en est l'illustration parfaite.

Jam Master Jay

Alors Curtis rappe, et se révèle même très doué pour ça. Il reçoit en retour respect et confiance. A dix-sept ans, ses "mixtapes" circulent rapidement sous le manteau et envahissent la rue. Il profite aussi de nombreuses soirées de fête pour se produire en public.

Lorsqu'il a vingt ans, il fait la connaissance de Jam Master Jay, du célèbre groupe Run DMC, qui le prend sous son aile et l'introduit dans le milieu du rap. Il signe alors en 1999 sur le label Columbia, jusqu'à ce qu'un premier règlement de compte le fasse exclure de cette même maison de disques.

9 balles

Victime d'une agression et blessé de neuf balles devant la maison de ses grands-parents, en plein coeur du Queens, il s'en sort, tel un miraculé mais acquiert à tout jamais l'image d'un véritable ganster-rappeur. Jam Master Jay n'aura pas sa chance, et sera abattu dans son studio en 2002. Un nom de plus sur la longue liste des victimes du rap américain.

2000 est une année charnière dans la carrière de 50 Cent. A la sortie de Power of the Dollar, le single How to Rob devient un véritable tube. Il attire ainsi l'attention du public et des médias. Désormais sur le devant de la scène, il est très convoité par les professionnels de la chanson.

Get Rich or Die Trying

Eminem, déjà célèbre, le cite en référence dans ses entrevues et participe à sa notoriété grandissante. Les deux hommes se rencontrent et sympathisent. Leur relation devient même professionnelle puisque le rappeur blanc fait participer 50 Cent à la bande originale de son film 8 Mile. Eminem lui propose finalement, avec la participation de Dr Dre, un contrat en or sur son label Shady Records, contrat que 50 Cent ne peut refuser.

C'est sous ce label que sort en 2002 le single Wanksta, qui précède de quelques mois l'album Get Rich or Die Trying, énorme succès mondial. Parallèlement, 50 Cent participe avec Tony Yayo et Lloyd Banks à la formation du groupe G-Unit, qui sort fin 2003 un album intitulé Beg for Mercy.

Issu d'un monde cruel et misérable, 50 Cent est devenu, à force de talent et de volonté, un des rappeurs les plus médiatiques des Etats-Unis. Protégé par Eminem et Dr Dre, on projette même de faire un film et un livre retraçant sa vie tourmentée. Musicalement, le succès de son album Get Rich or Die Trying, confirme avant tout son extraordinaire capacité à produire un rap moderne, dans la lignée de ses mentors et amis. Un artiste à suivre de près, qui a déjà séduit un vaste public européen.

# Posté le lundi 16 mai 2005 12:37

Modifié le samedi 21 mai 2005 05:43

Lloyd banks

Lloyd banks
Lloyd Banks grandit à Jamaica, dans Queens et est élevé par sa mère d'origine portoricaine alors que son père passe la majorité de son enfance derrière les barreaux. Comme de nombreux jeunes dans la même situation, il trouve le réconfort dans la poésie et dans la musique de Big Daddy Kane et Slick Rick.

À l'âge de 16 ans, il abandonne l'école jugeant que cet environnement trop structuré représente un frein au développement de son talent pour le hip hop. Après être apparu sur de nombreuses compilations locales, il fonde G-Unit en compagnie de ses amis d'enfance Tony Yayo et 50 Cent.

Le groupe réussit à redéfinir le marketing de rue en lançant de nombreux albums indépendants aux pochettes bien fignolées. Banks apparaît sur l'album « Get Rich or Die Tryin' » de 50 Cent en 2003. En novembre de la même année, l'album « Beg for Mercy » de G-Unit est lancé. Banks lance son premier album en solo « The Hunger for More » en juin 2004. Le disque très attendu entre directement au sommet du Top 200 de Billboard.

# Posté le lundi 16 mai 2005 12:40

Nelly

Nelly
Cornell Haynes Jr. de son vrai nom, Nelly voit le jour à St-Louis où il fait rapidement connaissance avec les nombreuses tentations de la rue si familières au monde hip hop. Et comme plusieurs de ses contemporains, un revirement de situation inattendu a permis de changer le cours de sa vie. Dans son cas, ce changement est survenu alors qu'il était adolescent quand sa mère a quitté la ville pour s'établir dans la banlieue de University City.

C'est dans cette petite bourgade qu'il commence à s'intéresser au base-ball et à l'écriture. Il forme the St. Lunatics qui remporte un succès régional en 1996 grâce au simple auto-produit « Gimmie What You Got ». Frustrés de ne pouvoir obtenir un contrat d'enregistrement en tant que groupe, ils décident collectivement que Nelly a une meilleure chance de réussir en solo, confiants qu'ils sont de voir sa personnalité charismatique et sa présence sur scène le pousser vers les sommets de l'industrie. Les autres membres du groupe pourraient ensuite lancer des albums en solo à leur tour.

Le pari rapporte puisque Nelly attire rapidement l'attention de Universal qui lance son premier effort, « Country Grammar », en 2000. Nelly se distingue par une technique vocale très relaxe qui reflète de façon délibérée l'attitude du Midwest et du Sud. L'album met en relief de nombreuses collaborations avec the St. Lunatics, the Teamsters, Lil' Wayne et Cedric the Entertainer. « Country Grammar » passe sept semaines au sommet du palmarès Billboard. Pendant ce temps, le but de Nelly est de placer la ville de St-Louis et ses copains des St. Lunatics bien en vue sur l'échiquier hip hop.

Bien qu'il soit devenu un artiste solo à succès tel que prévu, Nelly clame toujours qu'il est un membre à part entière des St. Lunatics, un collectif qui comprend également Big Lee, Kyjuan, Murphy Lee et City Spud. Nelly tient promesse en participant à « Free City », le premier album du groupe lancé en 2001.

Au cours de l'été 2002, Nelly revient toujours aussi fort avec son second opus, « Nellyville » qui se hisse au sommet du top 100 grâce notamment à la chanson « Hot in Herre » produite de main de maître par the Neptunes. Nelly impressionne alors que « Nellyville » atteint le sommet d'une dizaine de palmarès différents du Billboard dès sa sortie, un exploit assez rare dans le monde du rap. à La fin de 2003, Nelly lance « Da Derrty Versions: The Reinvention », une collection de remixes.

# Posté le lundi 16 mai 2005 12:46

DMX

DMX
DMX, Earl Simmons de son vrai nom, n'a pas connu l'enfance la plus facile avec un père qui a abandonné la famille. De plus, des séjours en prison, des abus d'alcool et de drogues de même que des dépressions s'ajoutent à un portrait déjà sombre. C'est finalement la musique qui le sauve. DMX amorce sa carrière à Yonkers, dans l'état de New York, où il est MC avec ses amis Lox et DJ Clue. C'est en 1998 qu'il prend le monde de la musique par surprise avec le simple « Get at Me Dog » qui devient un méga-succès. Pourtant, on le voyait venir depuis longtemps puisque le magazine The Source lui avait réservé sa chronique des artistes à surveiller en... 1991 !

Pendant sa montée vers la gloire, il collabore avec de nombreux rappeurs dont LL Cool J, Mase et Mic Geronimo. En 1997, il signe finalement un contrat avec Def Jam et il ne tarde pas à faire parler de lui. Son premier album, « It's Dark and Hell Is Hot » entre au numéro un du Billboard en mai 1998 et s'écoule à plus de quatre millions d'exemplaires. Ne perdant pas de temps (surtout que Def Jam avait un grand besoin de liquidités), il lance « Flesh of My Flesh, Blood of My Blood » six mois plus tard et le résultat est le même avec un départ canon. L'album étonne de par son audace qui se traduit par une collaboration entre le rappeur et Marilyn Manson. Toutefois, les deux artistes ne se rencontrent pas puisque tout est fait dans des studios différents.

En décembre 1999, DMX propose son troisième opus, « ...And Then There Was X » qui remporte le même succès. Il en va de même pour « The Great Depression » qui sort en 2001. En 2003, il proposera un nouvel album intitulé « Grand Champ » qui pourrait bien être son dernier puisqu'il a l'intention de prendre un long repos pour se consacrer à sa famille.

Mais DMX c'est plus que du rap. Il se consacre également au cinéma. Il se fait remarquer dans « Belly » de Hype Williams. On le voit ensuite dans « Romeo Must Die » en 2000 alors que « Exit Wounds », dans lequel il partage la vedette avec Steven Seagal, engrange 35 millions de dollars dès son premier week-end en salle en 2001. En 2003, il est de retour dans « Cradle 2 the Grave » aux côtés de Jet Li.

# Posté le lundi 16 mai 2005 12:50

Tupac : The KING

Tupac : The KING
Une vie brûlée à vingt cinq ans, la misère en toile de fond, les ghettos noirs américains, la drogue, la révolte, la violence.

La courte vie de Tupac Shakur est faite de souffrances. Voyou dangereux pour certains, héros à la manière d'un Malcolm X pour d'autres, le jeune rappeur fut avant tout le porte-parole d'une minorité opprimée et le porteur d'un message d'espoir.

Tiraillé durant sa vie entre la misère dont il est issu et l'espoir d'une vie meilleure, pour lui et pour le peuple noir américain, le jeune Tupac Shakur fut sans cesse capable du meilleur comme du pire.

Brooklyn, Bronx, Harlem

Né le 16 juin 1971 à Brooklyn, New York, d'une mère taularde et d'un père trop tôt disparu, le jeune Tupac porte dès son enfance les stigmates de son peuple. Les premières années de sa vie se passent dans les quartiers pauvres de New York, du Bronx à Harlem.

Difficile pour lui de se sortir de cette vie de misère. Il faudra attendre son adolescence et un premier déménagement de sa famille à Baltimore en 1986 pour que le jeune homme s'intéresse de près à la musique et au rap.

Il commence à mener alors deux vies de front: d'un côté le rappeur doué, sous le nom de MC New York, prêt à tout pour percer; de l'autre, le jeune voyou, dealer de crack.

Sa vie de famille ne l'encourage pas à retrouver le droit chemin: son beau-père est emprisonné pour vol et sa mère succombe aux charmes délétères du crack. Un nouveau déménagement vers la côte californienne en 1988 et Tupac prend son destin en main.

Tupaccalypse Now

Il se tient sagement éloigné du trafic de drogue et intègre en 1990 son premier groupe de rap Digital Underground, dans lequel il fait ses armes. La danse et le chant deviennent sa véritable motivation, si bien que sort en novembre 1991 son premier album solo: Tupaccalypse Now.

L'album est une bombe. Ses textes violents sont condamnés par les tribunaux pour incitation à la haine et provoquent de nombreuses polémiques. A plusieurs reprises, des meurtres auraient été inspirés par certaines de ses chansons.

Remarqué par sa forte personnalité, l'artiste séduit rapidement le monde du cinéma, dans lequel il se révèle efficace. Il décroche son premier rôle (un rôle de voyou) dans le film Juice en 1992. Il brillera surtout en 1993 dans le film de Singleton Poetic Justice avec Janet Jackson.

Malgré son succès et les millions de disques vendus, Tupac défraie à nouveau la chronique. De bagarre en fusillade, en passant par une accusation de viol ou de consommation de stupéfiants, son nom remplit aussi bien les rubriques fait divers que les magazines musicaux.

Strictly For My Niggaz

Ses ennemis sont nombreux, tant dans le monde du rap que dans celui des gangsters. Mais il est aussi un homme très apprécié pour ses qualités musicales, et les plus grands lui rendent hommage (Dr Dre ou Snoop Dog).

Ces controverses ne l'empêchent heureusement pas de produire de nouveaux albums: Strictly For My Niggaz en 1993, Thug Life, album autobiographique en 1994, et Me Against The World en 1995.

Après un séjour en prison, il enregistre en un temps record son cinquième et ultime album: All Eyez On Me.

Tragique épilogue d'une vie mouvementée: le rappeur est abattu dans la nuit du 7 septembre 1996, à la sortie d'un match de boxe de Mike Tyson. Transporté en urgence à l'hôpital dans la voiture son producteur, il succombe à ses blessures le 14 septembre.

A vingt-cinq ans, il laisse derrière lui cinq albums corrosifs, vendus à des millions d'exemplaire, et une vie controversée. Symbole d'espoir pour certains, victime de la société pour d'autres, Tupac Shakur aura succombé à la défaillance du système, sans être réellement parvenu à s'en sortir.

# Posté le lundi 16 mai 2005 12:52